Stupeur et Tremblements

Auteur : Amélie NothombStupeur et Tremblements
Éditeur : Le Livre de Poche
Parution : 30 mai 2001
Format : Poche

Quatrième de couverture

« Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n’étais la supérieure de personne. On pourrait dire les choses autrement. J’étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques. Donc, dans la compagnie Yumimoto, j’étais aux ordres de tout le monde. »

Mon avis

Ce livre m’a été recommandé par mon tuteur de stage. « T’as jamais lu du Amélie Nothomb ? Lis Stupeur et Tremblements, ça devrait te plaire si tu aimes la culture japonaise ». Du coup je l’ai acheté sans me renseigner dessus. Je m’attendais pas à ce qu’il soit si mince hahaha. Je me demandais bien ce qu’elle allait nous raconter en même pas 200 pages !

Déjà, j’ai été assez surprise par l’écriture de l’auteur. Etant donné que mon tuteur me l’avait dépeint comme un grand classique, je m’attendais à des mots compliqués, à des phrases tordues. Enfin bref, pas à une écriture si simple et si fluide à lire. Franchement, je me suis bien éclatée à lire ce livre !

Ici nous allons suivre l’auteur elle-même pendant son stage de un an dans une grande entreprise japonaise. Elle y est engagée comme interprète et si elle pense que tout va bien se passer, elle se trompe complètement.

À travers ce livre, Amélie Nothomb va dénoncer la culture d’entreprise japonaise. Bien différente de la nôtre, cette culture est rigide et avant tout basée sur l’honneur.

Je ne suis pas complètement étrangère à cette culture mais certains moments m’ont tout de même choquée. En plus d’être durs en vers eux-mêmes, les japonais sont aussi intransigeants envers les autres. Ils se soucient beaucoup du regard des autres et ont des a priori sur tout (si tu transpires devant un japonais, tu peux dire adieu à ta crédibilité).

Ce qui m’a surtout offusquée aussi c’est la place de la femme dans leur société. Je me doutais bien que leur mentalité était un peu étriquée mais l’auteur utilise des mots forts et poignants qui m’ont vraiment secouée. La femme japonaise n’a pas le droit de rêver, elle doit se consacrer corps et âme à son travail et à ses enfants. Elle n’a pas le droit de se détendre, de laisser parler ses émotions, doit tout faire pour être la plus belle. Si elle n’est pas mariée à 25 ans, elle est le déshonneur de la famille (sauf si elle a un très bon boulot).

Bref, tout un petit tas de piques qui m’ont donné envie de prendre le premier avion pour le Japon et d’y faire ma rébellion ! Ces dix pages de descriptions m’ont fait grincer des dents et m’ont touchée.

Autre point qu’aborde l’auteur dans sa lecture et qui lui, m’a fait beaucoup rire : la vision qu’ont les japonais des européens. Je savais que les japonais vouaient un culte pour leur nation et sa puissance mais, en plus de se croire supérieurs, ils nous prennent vraiment pour des attardés mentaux ! Et sans mauvais jeux de mots !

Amélie va enchaîner gaffe sur gaffe mais elle sera toujours pardonnée parce qu’elle est « occidentale ». Il ne faut donc pas s’attendre à ce qu’elle soit aussi intelligente que nous voyons ! Après, je dis « pardonnée » mais c’est un bien grand mot parce qu’à défaut d’être virée (on ne vire pas au Japon ! Tu endures ou tu démissionnes, et la dernière solution est synonyme de déshonneur complet !), elle va descendre les échelons à vitesse grand V ! Ses patrons vont lui en faire voir de toutes les couleurs, si bien qu’à force, Amélie jouera sur sa « condition occidentale » pour rentrer dans les bonnes grâces de sa supérieure.

Parlons du personnage d’Amélie maintenant : cette femme est juste tordante ! Elle a un humour dévastateur et arrive à transformer sa situation catastrophique en une scène comique. J’ai été plusieurs fois pliée en deux de rire alors que sa situation ne s’y prêtait pas. Il y a un moment qui m’a particulièrement fait rire (quand elle reste travailler la nuit) et en lisant cette scène je me suis dit : « ça y est, on l’a perdu ! ». Aussi, l’obsession qu’elle voue pour la beauté nippone de sa supérieure est presque malsaine mais énorme à lire !

En conclusion, je dirai que l’auteur m’a fait découvrir une partie de la culture japonaise que je ne connaissais pas et a réussi à me faire voyager ! Avec son humour et sa vision décalée des choses, ces réflexions m’ont fait autant rire que rager. Je recommande cette lecture !

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8 réflexions au sujet de « Stupeur et Tremblements »

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